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photo dolbeau

aparté au cours d'un entretien fictif

L'acte de peindre est un acte vital, obsessionnel, voire biologique.

La révolte et souvent la colère, sont certainement les principaux moteurs d'éxécution de  toutes ces "images" peintes.
(" images" mot souvent employé comme terme plus distancié par rapport  à "tableau" ou "oeuvre") et, par voie de conséquence, ces deux sentiments  ayant un rapport direct avec une vision de l'homme dans le monde, il est tout à  fait naturel et logique de faire de la figure humaine le pivot de celles-ci

Mais en faisant intervenir la figure humaine, il faut absolument échapper au piège de l'image narrative, anecdotique ou pittoresque, enfermée dans une petite histoire" étriquée et datée, faisant référence aux seules préoccupations personnelles intérieures.
 il ne s'agit pas de traiter un sujet, mais un concept, une idée
 le refus de la datation (personnages costumés et/ou mis en situation sociale)  renvoie à l'intemporalité.
 Cette intemporalité (refus de la narration, de l'anecdote) par sa distanciation à  l'évènement renvoie au tragique.(ces deux mots clés pour parfaire la compréhension globale de l'oeuvre).
  
Pour que l'image soit "visible et forte", sa réalisation doit répondre à un  certain nombre de critères et de contraintes établis arbitrairement ce qui, paradoxalement, laisse la possibilité de jaillissement de gestes spontanés dans l'éxécution qui vont venir briser cet arbitraire.
Elle est construite traditionnellement, comme un tableau de chevalet et fortement revendiqué comme tel, avec des techniques et matériaux contemporains: utilisation du numérique et du scanner, de l'acrylique et du collage, du PVC comme chassis et subjectile.

 La matière est considérée comme un des éléments majeurs de l'image.
 La figure humaine est "liée" à la matière.Apprivoiser la matière, la façonner, la  faire sienne et la faire parler procède à l'élaboration de l'image et de sa  lecture.
 Les détails iconographiques empruntés aux "réserves d'images" du passé,  transposés, modifiés, mélangés, par collages et repeints successifs (peuvent  intervenir ici les gestes spontanés), sont souvent associés au dessin à la  plume, utilisé comme une écriture.
 Ce travail permet une totale manipulation du concept de l'image en  revendiquant le détournement de ces éléments empruntés, et la modification  de leur signification première.

 La relative pauvreté des couleurs, dans le sens faible quantité de teintes  utilisées dans l'image, participe à la lisibilité de l'ensemble :
 - l'oeil ne se disperse pas -
 l'attirance "physique" en direction de l'image - prise comme objet - pour  l'effleurer est recherchée.
 Ces techniques, matériaux et emprunts cités, permettent un travail diligent,
 (on peut évoquer "l'urgence" dans la réalisation, liée à l'écoulement du  temps restant) avec la volonté de laisser une trace, la plus fraîche et la plus  spontanée possible

Jean-François Dolbeau

 

dessin d'un maitre du monde

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